Réalisme, naturalisme, mouvement littéraire.

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Le réalisme/naturalisme. Mouvements littéraires.

 

Epoque : XIXème siècle, plus particulièrement la deuxième moitié.

Contexte historique : Révolution industrielle. Temps de bouleversements politiques avec le second empire (1851-1870), puis la IIIème République. Triomphe de la bourgeoisie, disparition de la noblesse, inégalités grandissantes dans la société entre riches et pauvres.

Auteurs majeurs : Balzac (1799-1850), Flaubert (1821-1880), Maupassant (1850-1893), les frères Goncourt (1822-1896, dates pour Edmond), Zola (1840-1902).

Œuvres majeures : La comédie humaine(oeuvre de Balzac comprenant tous ses romans), Madame Bovary(Flaubert, 1857), Pierre et Jean (Maupassant, 1888) Germaine Lacerteux (1865 les frères Goncourt), Les Rougon-Macquart(oeuvre de Zola inspirée par celle de Balzac comprenant aussi la plupart de ses romans).

Genre littéraire dominant : le roman.

Devise : « Faire concurrence à l’état-civil »(Balzac), « un miroir qu’on promène le long d’un chemin »(Stendhal).

 

 

Le mouvement réaliste/naturaliste se développe durant le XIXème siècle et surtout dans sa seconde partie. Il rend compte des bouleversements considérables qui se produisent en Europe à cette époque, des transformations engendrées par la Révolution industrielle. Les paysages changent avec l’apparition des usines et des chemins de fer. La société subit aussi un changement radical avec la montée en puissance de la bourgeoisie, qui devient la classe dominante à la place de la noblesse, et l’extension de la classe ouvrière, qui représente de plus en plus le prolétariat, le peuple misérable. La course à la réussite matérielle, et l’opportunisme caractérisent encore cette période, durant laquelle la ville relègue inexorablement la campagne au second plan.

Le réalisme débute en plein romantisme et inscrit son empreinte dans la littérature française avec Balzac, et sa formidable entreprise de la Comédie humaine, fresque monumentale de la société de son temps (la Restauration). Animé par le souci du détail, il dresse le portrait des différentes classes sociales de son époque et de leurs mœurs : la vie de province (Eugénie Grandet 1833), la vie parisienne (César Birotteau 1837) ou encore la vie à la campagne (le Lys dans la vallée 1835). Sur près de quatre-vingt-dix romans, et grâce à plusieurs milliers de personnages, Balzac nous laisse une peinture très réelle de la France de son temps, appuyée par un arrière plan historique (le colonel Chabert 1832 par exemple).

Contemporain de Balzac, Stendhal (1783-1842) pose aussi les bases du réalisme à travers de grands romans historiques comme Le rouge et le noir(1830) ou la Chartreuse de Parme(1839). Attaché de la même manière aux détails, à la précision, il retranscrit avec fidélité les événements historiques de son époque. Mais, c’est surtout Flaubert qui à la suite de Balzac assure la promotion du réalisme. Comme son devancier, il souhaite coller au réel, et montrer les bassesses de l’homme. Ses ouvrages tels que Madame Bovary (1857) ou l’Education sentimentale (1869) sont jugés scandaleux à l’époque (procès gagné pour Madmae Bovary accusé d’atteinte aux bonnes mœurs). Il prend le contrepied du romantisme qu’il attaque vigoureusement dans Madame Bovary. Avec le réalisme, le style littéraire, l’écrivain s’effacent derrière son sujet. Il importe peu d’enjoliver les personnages et leurs aventures. La réalité et sa médiocrité ne doivent pas être occultées, mais plutôt montrées.

 

Le passage au naturalisme peut prendre comme point de départ la préface de Germaine Lacerteux (1865)des frères Goncourt où est exposée l’ambition naturaliste, notamment de faire comprendre aux classes bourgeoises comment vivent les plus défavorisés. Le naturalisme trouve aussi son inspiration profonde dans le développement considérable des sciences. Le XIXème siècle est le siècle du scientisme, pensée qui affiche sa croyance dans le progrès et la technologie. Un auteur comme Zola prend exemple sur la méthode scientifique de recherche (Le roman expérimental, 1880), et subit l’influence des avancées des sciences naturelles (théorie de l’évolution de Darwin) ou sociales (apparition de la sociologie) pour décrire ses personnages et leur trajectoire. Il est d’ailleurs obsédé par le phénomène de l’hérédité, appelé à l’époque atavisme, qui commence à comprendre que des caractères se transmettent de génération en génération, ou par la destinée du milieu social.

Réalisme scientifique, ou réalisme poussé à l’extrême, le naturalisme trouve donc sa différence dans son rapprochement avec les sciences, et sa croyance dans le déterminisme social et familial. Utilisant des méthodes semblables au réalisme : souci du détail avec un travail presque journalistique (Zola était un ancien journaliste), fresque de la société (les Rougon-Macquart s’inspire de La Comédie humaine), certains auteurs se trouvent ainsi à cheval entre les deux mouvements. Maupassant, disciple de Flaubert, analyse ainsi les relations humaines avec précision et sans concession. Il met en avant des vices tels que l’opportunisme (Bel-Ami,1885), ou la jalousie (Pierre et Jean,1888, dont la préface constitue une définition du roman réaliste/naturaliste), en préservant encore la précision des descriptions et le sens du détail. Les thèmes de la désillusion de l’amour, de l’hypocrisie bourgeoise, de la misère sociale, et de l’échec restent très présents dans le naturalisme.

« L’école naturaliste » se regroupe même pendant un moment et produit un recueil collectif (Huysmans, Maupassant, Daudet, Mirbeau, Zola) intitulé Les soirées de Meudan(1880). Enfin, cette obsession du détail rapprochent ses écrivains des peintres. Les naturalistes entretiennent une proximité certaine avec un réaliste comme Courbet (1819-1877), ou des impressionnistes comme Manet (1832-1883) et Cézanne (1939-1906). Zola prend leur défense dans divers articles ou publication sur les arts.

 

Le réalisme soucieux du détail, de la documentation sur les sujets abordés, de montrer les bassesses humaines, et non la noblesse des sentiments comme les romantiques, trouve son prolongement dans le naturalisme. Ce dernier s’en détache par sa forte tonalité scientifique et son refus du hasard dans la destinée humaine. Cependant, cette foi en la science et dans le progrès perd de sa force et est balayée par les atrocités de la première guerre mondiale.

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